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PEINTURE
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Peinture en Allemagne du Nord au 19e siècle

Parallèlement aux peintres nazaréens de Rome, les artistes romantiques du Nord de l’Allemagne, dont les principaux représentants sont Philipp Otto Runge et Caspar David Friedrich, se regroupent également. L’autonomie à l’égard des influences provenant de Rome caractérise ce courant du Nord de l’Allemagne. Son intention se manifeste également en fonction : à la différence de la représentation de figures bibliques que les peintres nazaréens voulaient animer de nouveau sous l’influence du Moyen-Age redécouvert, le romantisme de l’Allemagne du Nord tente d’exprimer ses sentiments religieux grâce à une sphère méditative. Les tableaux doivent faire naître un sentiment précis chez l’observateur ; cette démarche est permise grâce à l’être apparaissant dans le paysage. La contemplation de la nature devient le thème essentiel du romantisme. Philipp Otto Runge entend cette dernière comme partie du cosmos divin et ne détaille pas ses paysages, mais utilise même des personnifications telles les petits génies. Par contre, Caspar David Friedrich montre dans ses œuvres des parties de paysage concrets qu’il a même personnellement visitées. Il y insère ses figures de dos caractéristiques qui regardent au loin. L’artiste peintre choisit sciemment ce positionnement car il correspond à celui de l’observateur qui doit s’immerger aussi dans le paysage avec méditation. Les œuvres de Caspar David Friedrich comportent souvent un premier plan foncé et un arrière-plan clair. Cette façon de procéder ne correspond pas aux habitudes visuelles courantes et contribue plutôt à comprendre la propre image du monde de l’artiste : Friedrich communique un sentiment religieux panthéiste qui s’exprime par son attachement à la nature, il utilise traditionnellement le caractère métaphorique de la lumière comme référence divine. Il place cependant cette dernière au lointain, le point de vue momentané de l’individu apparaissant alors dans l’obscurité. Techniquement parlant, cette démarche aboutit à une reproduction suggérant une certaine atmosphère et à l’étude approfondie des effets lumineux récupérés finalement à peu près un demi-siècle plus tard par les impressionnistes dont les intentions et les raisons sont nouvelles.